Sortie à Salvaterra de Magos, le mardi 21 Avril 2026

 

Balade sur le Tage

Exemple d'image

Ciel légèrement nuageux, température agréable, bonne humeur générale, marée haute, nous embarquons sur des petits bateaux à fond plat, pour découvrir le Tage et ses îles, qui abritent une faune aviaire impressionnante.

A Salvaterra de Magos, l’eau du Tage est douce. L’eau de mer ne remonte pas si loin. La profondeur moyenne est de 5 mètres mais parfois il n’y a qu’un mètre, et la plupart des îles deviennent des presqu’îles à marée basse.

L’eau est très riche en nutriments, et irrigue l’agriculture de toute la région.

Cet hiver le niveau du Tage est monté de 5 mètres, avec un débit de 2.000 m3/s, 4 fois le débit du Rhône !

Heureusement l’Espagne et le Portugal s’étaient concertés sur les lâchers de barrage, sinon il aurait pu monter de 10 ou 12 mètres…

Les crues ont emporté beaucoup de sable et de végétation.

La première île s’appelle « Ilha das garças » (ça veut dire « héron », et non pas « garce 😉

C’est le printemps : les petits viennent de naître et ils piaillent à tout va pour encourager leurs parents à construire leur nid et à les nourrir. L’île est surpeuplée de hérons gris argenté, ibis noirs (Íbis-preta), spatules et hérons garde-boeuf (Garça-boieira)

Les mâles ont encore leur plumage nuptial, plus exubérant, qui leur a permis d’attirer les femelles à la saison des amours.

Intelligemment, ils construisent les nids au-dessus du niveau de la marée la plus haute.

Les parents restent vigilants car de nombreux rapaces comme la buse noire (milhafre-preto), planent à l’affût, prêts à descendre en piqué pour emporter les petits isolés.

La deuxième île est la « Ilha dos amores » (l’île des amours); les couples d’amoureux y viennent en barque car elle possède une grande plage de sable et n’est pas visible depuis la ville.

Les troncs d’arbres emportés par les crues, sculptures flottantes à la dérive, ont été baptisés « troncodilos » (tronco + crocodilo).

La troisième île n’est une île qu’en hiver, c’est le village de Valada, ainsi nommé à cause de sa digue en V.

La quatrième île est la « Ilha dos cavalos » (île des chevaux) où 2 chevaux retraités paissent paisiblement, survolés par les cigognes.

Les berges se parent de fleurs jaunes des iris des marais (lírio-amarelo-dos-pântanos) et les hirondelles y creusent de petits trous ronds, suffisamment hauts pour éviter l’inondation, et suffisamment profonds pour procurer aux petits la température idéale.

Sur la berge opposée, on élève des chevaux « à la portugaise »: les poulains sont séparés de leur mère à 1 an et vivent seuls dans la nature en manade pendant 3 ans. Ils apprennent la vie sociale entre chevaux, et parviennent à 4 ans calmes et tranquilles pour démarrer l’entraînement. Ces années de manade renforcent aussi leur résistance à long terme.

A marée basse l’été, les chevaux de l’élevage traversent parfois à la nage pour rendre visite aux chevaux retraités, mais ils reviennent à l’élevage pour le dîner !

Plus loin, sur la rive gauche du Tage, on aperçoit le bâtiment de l’ancien bac, qui assurait la traversée en barque jusqu’au village de Avieira de Palhota en face, ce qui évitait aux habitants de se déplacer jusqu’au pont de Santarém.

Ce village fut construit par les pêcheurs de Praia da Vieira (près de Leiria) pour pêcher pendant l’hiver, quand la mer était trop forte pour pêcher là-bas.

Les maisons sont en bois, sur pilotis, et peintes de rayures de couleurs.

Pour pêcher, ils tendent des filets en travers du fleuve.

Il existait, paraît-il, une très petite crevette du Tage, très savoureuse à déguster à l’apéritif avec une bière, mais elle est maintenant rarement pêchée et très chère.

En revanche, les écrevisses de Louisiane (o lagostim-vermelho-do-Louisiana) introduites par des pêcheurs se sont très bien adaptées, au détriment des grenouilles, mais au bénéfice des loutres, des oiseaux et des restaurants.

Déjeuner

Restaurant sympathique avec vue sur le Tage à marée basse.

Menu: Entrées : salade de pois chiches et morue, foies aux oignons, rissóis, salade de fèves et chouriço; Soupe : de poissons du Tage; Plat: arroz de pato (riz au canard); Desserts: buffets de desserts portugais

Photo de groupe à la sortie du restaurant

Fauconnerie royale

La fauconnerie royale de Salvaterra de Magos connut son heure de gloire au XVIIIè siècle, quand la cour royale venait de Lisbonne en barque brigantine, et restait de novembre à février pour la chasse, l’opéra et le carnaval. Il y eût certaines années 43 représentations dans l’opéra, qui pouvait contenir 500 personnes.

Le roi du Portugal avait fait venir des fauconniers hollandais de Valkenswaard, alors meilleurs fauconniers d’Europe.

Après les guerres Napoléoniennes et l’exil de la famille royale au Brésil, l’art de la fauconnerie disparut. Le palais et l’opéra tombèrent en ruines.

Seul le bâtiment réservé aux fauconniers et aux faucons fut restauré, ainsi qu’un des 3 pigeonniers, dans lequel on élevait jusqu’à 310 pigeons, pour nourrir les faucons.

La cour accueille 3 familles d’oiseaux de proie : les faucons (falcão), les chouettes (mocho) et les aigles (águia), installés à une distance raisonnable les uns des autres pour éviter qu’ils ne se dévorent !

Les mâles sont beaucoup plus petits et plus faibles que les femelles (1/3 de moins, d’où leur nom de “tiercelet”).

A cause de la grippe aviaire qui sévit dans la région, nous n’avons pas pu les voir en vol.

Un rapace ne vole que pour chasser quand il a faim, et il rentre aussitôt sa proie attrapée.

Aujourd’hui, ils sont nourris, puis envoyés pour faire fuir les pigeons et les mouettes des monuments publics et des aéroports.

Le musée retrace toute l’histoire de la fauconnerie, pratiquée déjà il y a 4.000 ans, et répandue dans toutes les régions du globe.

Depuis 2010, la fauconnerie est inscrite sur la liste du patrimoine immatériel de l’UNESCO, et 24 pays sont enregistrés: Allemagne, Arabie saoudite, Autriche, Belgique, République de Corée, Croatie, Émirats arabes unis, Espagne, France, Hongrie, Irlande, Italie, Kazakhstan, Kirghizistan, Maroc, Mongolie, Pakistan, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Qatar, Slovaquie, République arabe syrienne et Tchéquie.

Eglise Matriz São Paulo

Située au centre du village, elle a été construite en 1296 et a été presque entièrement détruite lors des tremblements de terre de 1755 et 1909.

Aujourd’hui restaurée, on peut admirer, dans le chœur, un autel en bois sculpté et doré, et, dans la nef centrale, un plafond voûté en bois peint représentant saint Paul, s’élevant vers les cieux sous la protection d’un groupe d’anges.

Au XVIIIème siècle, les murs latéraux ont été décorés d’azulejos à motifs de treillis et de fleurs.

Patisserie « O lanche »

Dégustation de la pâtisserie locale : biscuit façonné en forme d’anguille, avec des yeux en chocolat.

crédit photo : https://docesportugueses.com
Crédit photo: https://docesportugueses.com

Rédactrice: Nathalie LESMESLE-POLLET

Crédits photos : Olivier DURAND, Lieve PEELAERS, Goreti ALBASINI, Colette BRON, Nathalie LESMESLE-POLLET

subscriber

Balade, Internet, Bricolage, Cuisine , jeux de société (belote,tarot, baggamon, scrabble....)

Vous aimerez aussi...